« La Culture russe en exil, 1917-1947 » de la série « Émigration russe en photos, 1917-1947 » – Album V, 2012

80,00

2100 photographies – pour la plupart inédites – de la Culture russe en exil dans la série l’Émigration russe en photos, 1917-1947 et couvrant toute l’Europe de ces années-là. Vive la photographie et les photographes qui nous ont fait parvenir tant de témoignages ! Dans cet album le lecteur trouvera la confirmation visuelle de chacun des mots qui suivent sous la forme de deux mille cent photos ou documents correspondants : du Grand Exode russe du Nord au Sud sur toute la longueur de la frontière de la Russie, que s’efforçaient de passer à pied ou en voiture, à la nage et même en avion, les artistes et metteurs en scène, musiciens et compositeurs, écrivains et poètes, photographes et journalistes, des gens actifs dans le domaine culturel ou social, déjà confirmés ou en devenir, sauvant leur vie, leur honneur, leur dignité, leurs œuvres et leur travail, les emportant loin des bolcheviques et autres barbares pour qui rien n’était sacré. Ces derniers n’avaient vraiment rien à voir avec la Culture russe !

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« La Culture russe en exil, 1917-1947 » de la série « Émigration russe en photos, 1917-1947 » – Album 5, 2012

édition YMCA-PRESS, 2012

2100 photos (Trichromie) – textes en Français ou en Russe. 720 pages. 24 x 29 cm. 3,5 Kg
VERSION FRANÇAISE ISBN 978-2-85065-275-2
 

CULTURE RUSSE EN EXIL – EUROPE, 1917-1947

Un nouvel album est consacré à la Culture russe en exil, il s’agit de l’Europe de 1917 à 1947.
L’art photographique et les photographes russes sont mis au début de cet album. Ce n’est pas un hasard, car, si tous ces témoignages historiques ne nous étaient pas parvenus – photos et cartes postales, toutes sortes de négatifs, photos d’amateurs ou de professionnels –, que serait-il resté après tant de déménagements, trois guerres et la ruine des familles d’émigrés ? Nous ne pourrions que nous imaginer avec difficulté, d’après les écrits ou les imprimés, les circonstances ou le milieu dans lesquels vivaient, travaillaient ou existaient, bâtissaient ou créaient les réfugiés russes.
Dans le premier chapitre, nous rendons honneur à la photographie et aux photographes qui nous ont fait parvenir tant de témoignages, et, plus loin, le lecteur trouvera dans cet album la confirmation visuelle de chaque mot sous la forme de deux mille cents photos ou documents correspondants : du Grand Exode russe du Nord au Sud sur toute la longueur de la frontière de la Russie, que s’efforçaient de passer à pied ou en voiture, à la nage et même en avion, les artistes et acteurs, musiciens et compositeurs, écrivains et poètes, photographes et journalistes, des gens actifs dans le domaine culturel ou social, déjà confirmés ou en devenir, sauvant leur vie, leur honneur, leur dignité, leurs œuvres et leur travail des bolcheviques et autres barbares pour qui rien n’était sacré ; ceux-ci n’avaient pas besoin de la culture russe.
Les Russes, qui sont arrivés dans divers pays, n’étaient pas attendus, et les habitants locaux étaient même agacés par ces émigrés, leurs habitudes, leurs traditions, leur culture étrange et souvent incompréhensible. Beaucoup d’entre eux menaient une vie presque misérable qu’ils supportaient avec dignité et honneur. Il fallait souvent s’atteler à des travaux difficiles et mal payés, le plus souvent loin de ses compétences ou de sa vocation. Mais les émigrés russes avaient une patience et une capacité incroyables à espérer des temps meilleurs et plus justes. Ils espéraient qu’un jour leur expérience, leur créativité et leur savoir pourraient être utiles à la future Russie, enfin libre.
On peut appeler photographe toute personne ayant tenu un appareil photographique ou une caméra ; il est cependant nécessaire de distinguer les noms les plus prestigieux : A.V. Brodovitch, I.A. Vakhromeeff, R. Vichniak, N.V. Volkoff, N.F. Vorontzoff, D.R. Wasserman, G.B. Hoyningen-Huene, D. Garfinkel, V.F. Hofmann, M.O. Grossmann, N.P. Datsenko, S. Lido, B. Lipnitzki, V.S. Makarenko, E.I. Markovitch, G. Meerson, I. et L. Mirkine, A. et R. Michkind, A.K. Nepokoïtchitsky, le comte G.I. Nostits, la princesse E.G. Obolensky, P.A. Ovtrakht, A.I. Pavlovsky, A.A. Peltzer, S.M. Prokoudine-Gorsky, E.G. Roubine, N.P. Roudakoff, A. Roudomine, S. Sazonoff, G.M. Tomachevsky, le prince N.P. Troubetskoï, L.L. Fedosseeva, A.V. Chiraï, P.I. Choumoff, K.G. Tchikine, M.A. Eltekoff, E. Romano et d’autres.
Le deuxième chapitre de la Culture russe en exil est consacré au théâtre et à tous ceux qui ont un rapport avec le théâtre : les dramaturges, les scénaristes, les réalisateurs et les acteurs. Nous y verrons des acteurs qui se préparent à partir pour Constantinople. Ils passeront par le camp de Limassol (Chypre), par la Turquie et Varna en Bulgarie d’où ils iront en Allemagne ou à Paris. Le grand acteur et réalisateur Isaac Duvan-Torzoff a commencé à travailler au Théâtre po-pulaire à Sofia puis à l’Oiseau bleu de l’acteur Iushny à Berlin et dans le Groupe de Prague du Théâtre d’art de Moscou dont la notoriété était si grande que ce groupe était reçu partout avec enthousiasme. Le groupe comprenait Knipper-Tchekhova, Guermanova, Bersenieff, Dikyi, Karnakova, Krijanovskaya. D’autres acteurs se retrouvant à l’étranger les ont rejoints. Le groupe s’est installé à Paris à partir de 1925. Il se produisait au théâtre de l’Atelier chez Charles Dullin. Les spectateurs – uniquement des Rus-ses – venaient y voir Ostrovski, Gogol, Tchekhov, Tolstoï et Gorki. En 1923, à Berlin, Boris Romanoff a fondé le Théâtre romantique russe dont les représentations avaient beaucoup de succès. Mais c’est le Théâtre dramatique russe à Paris qui remportait les plus grands éloges. Il prolongeait le travail de la Chauve-Souris de Nikita Balieff et conquit une place d’honneur dans le monde théâtral parisien. En 1935 fut créé le Théâtre du drame russe auquel furent intégrés des acteurs qui vivaient à Paris. E.N. Rochina-Insarova, N.N. Evreinoff et Y.P. Annenkoff ont beaucoup participé à l’organisation de ce théâtre. Il faut, en premier lieu, rendre leur dû à de merveilleux acteurs comme Georges et Ludmilla Pitoëff, Vera Gretch, Polycarpe Pavloff et d’autres. En 1927, l’artiste D.N. Kirova a créé à Paris le Théâtre intime russe ; au même moment furent créés le Théâtre hors frontières et le Théâtre de la comédie et du drame de l’artiste Baranovskaya. Les théâtres russes à Paris, Londres, Bruxelles, Berlin, Riga et Tallinn – voilà ce que le lecteur verra réuni pour la première fois dans ce chapitre.

Le troisième chapitre est consacré au cinéma – le mot magique du début du xxe siècle.
Nous y avons inclus des photos de presque tous les films à sujet russe. Le lien spirituel avec la patrie dont on les avait privés était exceptionnellement important pour tous les émigrés russes. Pour cela, les réalisateurs du cinéma russe en Allemagne et à Paris se sont préoccupés en premier lieu de faire des films sur des sujets pris aux classiques russes :
le Lion des Mogols de Jean Epstein,
les Frères Karamazov de Fédor Ozep,
les Nuits de Moscou d’Alexis Granovsky,
les Yeux noirs de Victor Tourjansky,
Tarass Boulba d’Alexis Granovsky,
les Bas-fonds sur un scénario d’Eugène Zamiatine et Jacques Companeez,
Rien avec Juri Morfessi,
la Dame de pique de Fédor Ozep (décors d’Alexandre Lochakoff et V. Meingardt, costumes de Mstislav Doboujinsky et Y. Annenkoff),
le Mensonge de Nina Petrovna de Victor Tourjansky (décors de Serge Pimenoff, costumes de Youri Annenkoff),
Nuits de princes de Vladimir Strijevsky,
Nostalgie de Victor Tourjansky,
Katia (décors d’Alexandre Arnstam, costumes d’Alexandre Arnstam et Boris Bilinsky),
Tarakanova (costumes de Boris Bilinsky).
Parfois mais rarement, les sujets sur un thème russe sont empruntés à des auteurs étrangers : Michel Strogoff de Viatcheslav Tourjansky (avec Ivan Mosjoukine, Natalia Kovanko, Evguéni Gaïdaroff),
Casanova d’Alexandre Volkoff (avec Ivan Mosjoukine, Diana Karene, Nina Kochitz, etc.),
Napoléon d’Abel Gance (décors d’Alexandre Benois et Piotr Schildknecht, avec Nicolas Roudenko, Nicolas Koline, Alexandre Koubitzky),
Shéhérazade d’Alexandre Volkoff (opérateurs Nicolas Toporkoff et Fédot Bourgassoff, décors d’Alexandre Lochakoff, Vladimir Meingardt, costumes de Boris Bilinsky, avec Nicolas Koline, Nina Kochitz, Alexandre Vertinsky),
Sergent X de Vladimir Strijevsky (décors d’Alexandre Lochakoff, avec Ivan Mosjoukine),
Volga en flammes de Victor Tourjansky et d’autres.

Le quatrième chapitre, le plus volumineux et le plus riche en photos et documents, est dédié aux artistes russes, peintres, sculpteurs, architectes et peintres d’icônes. Dès les premiers jours de l’exil, les peintres et peintres d’icônes se sont activement impliqués dans la vie culturelle de l’émigration ; ils se mirent à organiser des expositions, d’abord dans les milieux des forces armées au camp de Gallipoli, puis pour un public plus vaste dans la partie européenne de la capitale turque, avec la participation des membres de l’Union des artistes russes à Constantinople. C’étaient Ismaïlovitch, Zaretsky, Alexinskaya, Astafieff, Bobritsky, Bilinsky, Vl. Ivanoff, Kalmakoff, Kaïssaroff, Peroff, Sabaneeff, Fédoroff et d’autres.
Il en fut de même en Finlande et en Estonie où furent évacuées des unités de l’armée du Nord-Ouest, en Allemagne, où se retrouvèrent des dizaines et des dizaines de milliers de réfugiés russes qui ont fondé leurs colonies, et en France, considérée par un grand nombre d’entre eux comme la dernière étape. Le chapitre débute avec des photos rarissimes signées du patriarche de l’art russe Ilya Efimovitch Repine qui n’a jamais voulu aller vivre en Russie soviétique malgré toutes les exhortations. Jusqu’à la fin de ses jours, il est resté inflexible et intransigeant envers les bolcheviques, de même que les Doboujinsky, Iakovleff, Grigorieff, Soudeïkine, les académiciens Korovine, Roundaltsoff, Lattry, Globa, Somoff et bien d’autres, dont on pourrait dire qu’ils furent deux mille, mais de quelle trempe ! Ce fut la fine fleur des peintres, sculpteurs, architectes qui n’a pas voulu se soumettre à la limitation de sa liberté de créer ; quant aux peintres d’icônes, c’eût été une interdiction pure et simple. Montparnasse devint le centre et la capitale artistique de l’Europe entre les deux guerres mondiales. Tout cela, le lecteur le verra grâce à des photographies uniques et inédites comme celle de la réception du poète Maïakovski par les artistes russes menés par Marie Vassilieff et Serge Fotinsky, Adolphe Feder et Ossip Zadkine. Jamais et nulle part ne fut présentée une telle constellation de photos d’artistes : Constantin Somoff, Alexandre Benois, les Doboujinsky, les Korovine et des centaines d’autres au travail ou en vacances. Ce sont des chefs-d’œuvre absolus de la chronique photographique !

Le cinquième chapitre, le plus inhabituel, est consacré à la musique russe en exil. Il montre un panorama photographique intéressant des orchestres militaires à Gallipoli, en Bulgarie, en Serbie, en Allemagne et en France. Nous voyons des chorales populaires, professionnelles et liturgiques. Ensuite viennent les chanteurs d’opéra, populaires et tziganes. Nous voyons défiler des orchestres classiques ou de balalaïkas jusqu’à des grands compositeurs et artistes de l’opéra russe, qui sont devenus de véritables ambassadeurs de la culture russe dans le monde entier. Il est extrêmement difficile de représenter la musique en photos. Ici, nous avons appelé à l’aide un grand nombre de programmes, d’invitations et d’affiches avec des noms connus de tous, de l’amateur au professionnel, de compositeurs célèbres comme Glazounoff, Tchérepnine, Rachmaninoff, Stravinsky, Gretchaninoff, Wyschnegradsky, Koussevitzky, Doukelsky, Nadia Boulanger, Boutnikoff, Liamine.
Nous voyons des chorales et des chefs de chœur comme Arkhanguelski, les Kedroff, Afonsky, les Tcherkassky, Verechtchaguine, Potorjinsky, Vlassoff, Evetz ; orchestres et chœurs de Cosaques : Jaroff, Tchernoyaroff, Gladyrevsky, Scriabine, Maltchevsky, Ter-Abramoff, le duc de Leuchtenberg, Georges Strecha, Ledkovsky, Sokoloff ; musiciens : Medtner, Yakobson, Dobrowein, Zakharoff, Hambourg, Piatigorsky, Skalskaya-Osberg, Tenenbaum, N. Codolban, Zaïdel, Andreeff, Lischke, C. Codolban, Hansen, Press, Brailovsky, Boskoff, Orloff, Magaloff, Labinsky, Obolensky ; chanteurs d’opéra : Maria Kouznetsoff-Massenet, Nina Kochitz, Félia Litvinne, Lechtchetitskaya, Doubrovsky, Pozemkovsky, Lapchine, Melnikoff, Smirnova, Iakovleva ; chanteurs populaires et tziganes : Spiridovitch, Hachem-Khan, Juri Morfessi, Lechtchenko, les Dimitrievitch, Vertinsky, Anna Marly, Isa Kremer. Certaines pages sont consacrées au Conservatoire russe de Paris, à deux grands artistes lyriques, Féodor Ivanovitch Chaliapine et Hélène Alexeevna Sadoven. D’autres sont réservées aux cabarets russes et aux orchestres de jazz de Siniavine, Karpoff, Evreinoff et Gankine.

Le sixième chapitre, le plus expressif, est consacré au ballet et aux danses populaires russes. Voici, dans ce sanctuaire principal du ballet russe en exil, la grâce des mouvements, la beauté des lignes, le feu d’artifice des costumes et des décors. De Serge Pavlovitch Diaghilev à Serge Mikhailovitch Lifar, qui ont, chacun à leur manière, réalisé un exploit dans le domaine de la diffusion de l’art du ballet russe, dont ils furent et resteront à jamais les ambassadeurs.
Ils furent aidés par d’autres étoiles du ballet russe : O. Preobragenskaya – la plus grande pé-dagogue –, Nicolas Legat, Lubov Egorova, Vera Trefilova, Julie Sedova, Alexandre Voli-nine, Mathilde Kchessinska, Ekaterina Devilliers, qui ont ouvert leurs petits temples d’où se sont envolés à travers le monde (sauf en Russie soviétique) de jeunes ambassadeurs qui, à leur tour, ont créé leurs écoles, leurs studios, leurs ballets. En Europe ou dans le monde, il n’y a pas un théâtre exempt de l’influence du ballet russe en exil. Cette influence ne provient pas seulement des artistes comme Anna Pavlova, Vaslav et Bronislava Nijinsky, Tamara Karsavina, Olga Spessivtseva, Boris Romanoff, Michel et Vera Fokine, Léon Woizikowsky, mais aussi des maîtres de ballet, des chorégraphes et des metteurs en scène – comme Boris Kochno, Serge Lifar, Boris Grigorieff, Léonide Massine – , des peintres et décorateurs – comme Léon Bakst, Alexandre Benois, Mstislav Doboujinsky, le prince Alexandre Schervachidzé, Serge Soudeïkine, Boris Anisfeld, Natalia Gontcharova et Michel Larionov –, des compositeurs comme Stravinsky, Doukelsky, Tchérepnine, Prokofiev. Avec la mort de Serge Diaghilev, ses Ballets russes ont également cessé d’exister, mais sa mission fut immédiatement reprise par les Ballets russes de Monte-Carlo du colonel W. de Basil, par les Ballets de Léon Woizikowsky, ceux de Bronislava Nijinska pour l’Opéra du prince Zereteli et par les Ballets d’Evguéni Arciuk. Le ballet russe est devenu le facteur le plus puissant de tout l’art contemporain, déclara Serge Lifar qui y a participé et qui a monté, directement ou indirectement, plus de cent vingt ballets russes.
Chacune des photographies est tout simplement exceptionnelle !

Le septième chapitre est consacré à la littérature russe en exil. Il englobe tous les aspects de l’activité littéraire. Les précurseurs en sont les écrivains militaires et les historiens : les généraux Tourkoul, Loukomsky, Kislitsine, Wrangel, von Lampé, Denikine, Polovtsoff, Golovine, Krasnoff, le lieutenant Davatz et le génial publiciste Ivan Solonevitch qui avaient la lourde responsabilité de conserver leurs souvenirs encore frais, afin de transmettre aux générations futures la vérité sur la Grande Guerre que les bolcheviques ont appelée la guerre bourgeoise et qu’ils ont tout fait pour effacer de la mémoire du peuple. Et aussi leurs souvenirs sur la révolution et la guerre civile qui s’ensuivit et qui s’est terminée par le Grand Exode et l’apparition de la Russie hors frontières, où se sont mis à pousser comme des champignons des imprimeries, des ateliers d’impression et des maisons d’édition comme ceux de J. Povolotzky, S. Filonoff, M. Didkovsky, B. Cherechevsky, A. Parfentieff, Sidarovsky et Rostislavoff. Nous parlons également des bibliothèques : celles des Maisons russes, de l’Université populaire et du Zemgor, de l’écrivain A. Kouprine, de Znanye et Mayak, de l’Union des chauffeurs russes, de la division et du régiment des Cosaques de la Garde impériale et d’autres. Et des librairies : Petropolis et Rossika à Berlin, la Maison du livre, les librairies de la Renaissance, d’E. Piskareff, d’E. Sialsky, etc. Et des revues et journaux : la Renaissance, les Dernières Nouvelles, Notre cause commune, Dni, Novoe Vremia, Roul, l’œil russe, Russie et monde slave, Vetchernee vremia, Vera et vernost, Rousskoe vremia, Terre natale, Lutte pour la Russie, la Russie à l’étranger, la Russie illustrée. Nous présentons des écrivains : Bounine, Zaitseff, Kouprine, Aldanoff, Merejkovsky, Hippius, Brechko-Brechkovsky, Ossorguine, Teffi, Krymoff, Chmeleff, Remizoff, S. Tcherny, Terapiano, Nemirovitch-Dantchenko, Zouroff, Varchavsky, Bernatsky, Mintzloff, Ladinsky, Zlobine, Odoevtseva, Ozeretzkovsky ainsi que Henri Troyat, Joseph Kessel, Serge Golon, etc. Et des poètes : Viatcheslav Ivanoff, Balmont, Otsoup, Khodassevitch, Severianine, Touroveroff, Goriansky, Poplavsky, Bogayevsky, les von Steiger, Adamovitch, G. Ivanoff, Yvask, Ilovaïsky, Odartchenko, Smolensky, Tchervinskaya, Tsvetaeva. Il n’y a jamais eu une telle constellation de portraits !

Le huitième chapitre, le dernier, La culture préservée, a la tâche la plus difficile de montrer le processus de conservation et de diffusion de la véritable culture russe dans tous les pays du monde. Dès le début de l’exode, les acteurs de la vie culturelle ont bien compris que seules les valeurs spirituelles, dans lesquelles leurs ancêtres avaient été éduqués, c’est-à-dire la littérature russe en la personne des grands Pouchkine et Lermontov, Dostoïevski et Tolstoï, Tourgueniev et Tchekhov, etc., pouvaient unir les réfugiés. Ils se sont mis à organiser chaque année des Journées de la culture russe dans tous les pays de la diaspora russe ; et pratiquement toutes les unions sociales et culturelles, les sociétés et organisations y ont participé de toute leur âme et de tout leur cœur. Les générations montantes étaient particulièrement soignées, car il fallait leur transmettre tout le savoir et le savoir-faire, les valeurs et parfois les objets : les reliques culturelles, militaires, les livres et éditions anciennes ou rares. Les nombreuses associations militaires ont agi de façon plus pragmatique : elles se sont mises à rassembler dans des musées les reliques soigneusement conservées. Quelques régiments cosaques ont réussi à constituer, à travers les deux guerres, leurs propres musées : le musée des Cosaques de la Garde impériale et le musée Atamansky. Le colonel Boris Prikhodkine, quand il était encore en Serbie, a créé le musée de tous les Cadets. Il y eut aussi un musée de l’Artillerie à cheval et d’autres. Dans certains pays furent créés des musées du Théâtre et de la Culture. Des médailles commémoratives furent gravées et des timbres imprimés. Des journaux et revues occasionnels sortaient pour les Journées de la culture russe. La culture du pays natal était encore préservée au moyen d’un aspect très important qui était la formation de cercles, d’associations et d’unions qui avaient leurs propres fêtes, leurs ventes de charité, leurs soirées et leurs bals au cours desquels se produisaient des personnalités connues de la littérature et de l’art, de la musique et de la danse, ainsi que des scientifiques renommés. Tout cela est concrètement présenté dans le chapitre final de l’album Culture russe en exil, Europe 1917-1947.
Andrei Korliakov. 

Informations complémentaires

Poids3.5 kg
ISBN

978-2-85065-275-2

Emigration Russe en photos