Le Corps Expéditionnaire russe en France et à Salonique, 1916-1918, 2003, DERNIERS 50 EXEMPLAIRES

90,00

40 000 RUSSES PAR MOIS
L’envoi de troupes russes en France ne sera plus évoqué au cours de l’année 1915, jusqu’à la conférence interalliée de Chantilly des 6, 7 et 8 décembre qui décide d’une aide matérielle importante à destination de la Russie ; la capacité industrielle des Occidentaux le leur permet. À cette occasion resurgit l’idée de faire appel à la Russie pour fournir des troupes.
Le principe retenu est celui d’unités formées et instruites en Russie mais équipées et armées par la France. Les Alliés souhaitent l’arrivée de 40 000 hommes par mois.

– « … La Russie impériale s’imposait par son tact, sa politesse, sa délicatesse, sa distinction, toutes choses qu’elle a perdues depuis avec le retour for­cené du bolchevisme à la barbarie ; elle aimait profondément la France, et Nicolas II fut pour nous un allié dévoué, loyal et fidèle, un grand ami, qu’il serait misérable aujourd’hui de méconnaître, d’oublier, de calomnier. »
Colonel H. Mélot

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Le Corps Expéditionnaire russe en France et à Salonique, 1916-1918

édition YMCA-PRESS, 2003, Hors série

1005 photos (N/B) – textes bilingue Français-Russe. 656 pp. 24 x 29 cm. 3,3kg
ISBN 2-85065-260-1 / 978-2-85065-260-8
 

Nous n’avons pas oublié leur gloire.

On croyait encore, il y a peu, que tout ce qui avait été foulé aux pieds, bafoué, passé sous silence par le pouvoir soviétique – pages sombres de notre Histoire, noms, oeuvres, honneur et gloire –, que tout cela, préservé avec soin et vénéré, vivait ailleurs, narguant les bolcheviques : la poésie était publiée, la peinture exposée et reproduite, la liturgie célébrée, et la sépulture des exilés russes fleurie par leurs descendants européens ou américains. En effet, la plupart du temps, les émigrés conservaient dans leur mémoire le meilleur de la Russie pour attendre des jours plus heureux, et tous les pays de l’exil – de la France jusqu’à la Chine – appréciaient à sa juste valeur l’apport des émigrés russes à la culture universelle.

Cependant à l’étranger, on n’accueillit pas toujours avec bienveillance les réalisations des Russes : le XXe siècle infligeait aux peuples un destin si cruel que le monde, empêtré qu’il était dans les aléas d’une vie agitée et éphémère, n’avait que peu d’attention à accorder aux Russes.
Le Corps expéditionnaire russe en France et à Salonique est le premier ouvrage à raviver le souvenir d’hommes et d’événements complètement oubliés aussi bien par la Russie que par l’Europe cultivée. En effet, qui sait encore définir ce « Corps expéditionnaire », dire où il a été créé et expédié, contre qui et au nom de quoi il a lutté ? Qui connaît son destin ?

Or, fait vraiment surprenant, en France où ont pourtant été publiés des milliers de livres sur la Grande Guerre, et où, justement, le Corps expéditionnaire a lutté si durement et subi tant de pertes, personne n’a jamais écrit l’histoire de cette formation.

45 000 guerriers dont 750 officiers ont fait honneur – en France comme à Salonique – au devoir que, en tant qu’alliés, ils avaient accepté de remplir.
Dès la fin des années 1920, les chefs de l’armée française louaient les exploits des Russes et, en 1929, le maréchal Foch pouvait dire dans son hommage à l’armée russe adressé à la Fédération des invalides mutilés de guerre russes à l’étranger : […] Tous se souviendront comme nous-même que, pendant les premières années de la lutte, c’est la coopération des armées russes et leur dévouement à la cause commune qui assurèrent le développement de ses succès.

Mais au fil des décennies, la méconnaissance, l’oubli et la calomnie effacèrent le souvenir et la gratitude, ce à quoi nous avons décidé de remédier.

En tant qu’historiens, il nous tient à cœur en effet de défendre l’honneur de la Russie et la mémoire de la France. Pour cet album, nous avons d’abord rassemblé quelques centaines de photographies uniques que personne ne connaissait – il y en a aujourd’hui un millier –, puis patiemment déchiffré les clichés et enfin rédigé leurs commentaires.

Avant d’aborder la réalisation de ce livre chacun a suivi son propre parcours : Gérard Gorokhoff est l’auteur d’un album consacré à la Garde impériale, Andrei Korliakov celui de deux volumes de photographies qui constituent un panorama historique de la vie des émigrés russes en France. Unissant nos efforts, nos connaissances et notre passion éclairée pour le passé, nous avons cherché à faire revenir à la vie une des pages dramatiques des liens franco-russes.

Peu avant de tomber au champ d’honneur, le père Andreï Bogoslovski, aumônier de la Légion russe, avait écrit : Enfants de France ! Quand l’ennemi sera vaincu et que vous pourrez librement cueillir des fleurs dans ces champs, souvenez-vous de nous et apportez-nous des fleurs.
Les descendants des émigrés russes se rendent chaque année au cimetière de Mourmelon pour y honorer la mémoire de ceux qui sont tombés en combattant et y célébrer une messe de requiem. Leur prière a été entendue : la gloire russe ne sera pas oubliée.

Nous exprimons notre profonde reconnaissance à tous ceux qui nous ont aidés. Le docteur Georges Kopiloff a été notre consultant principal. Michaël Novikov a traduit le texte français en russe. René Clémenti-Bilinsky et Anatole Kopeikine ont participé à la rédaction.

Une aide précieuse nous a été apportée par Pierre Aubry, Jean Blankoff, Alexandre Bobrikoff, Théodore Borisoff, Patrice Bouchery, Jean Bourdache, Olivier Calonge, Xavier Culot, Louis Delpérier, Tatiana Douroff, l’ECPAD, Serge Esculier, M. Grandclément, Marina Grey-Dénikine, Vitali Joumenko, Félix Kopelevitch, François Lecointe, Christiane et Douchka Malitchenko, Francis Maratier, Georges Marschalk, Andrew Mollo, Guy l’Abbé de Montais, Serge Obolenski, Charles Pelletier Doisy, Rostislav Pervychine, Yves Rio, Pascal de Romanovski, Alexis Selezneff, Nicolas Spassky, Hélène Struve, Alexandre Tarakanov, Alexis Tiesenhausen, Ivan Tolstoi que nous remercions ici.

Gérard Gorokhoff, Andrei Korliakov

 
Emigration Russe en photos