« Armée Blanche, Photoportraits d’officiers russes, 1917-1922 » par Vitaly Joumenko, édité par Andrei Korliakov – HORS SÉRIE – 2007

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« Armée Blanche, Photoportraits d’officiers russes, 1917-1922 » par Vitaly Joumenko, édité par Andrei Korliakov

édition YMCA-PRESS, 2009

800 photos (N/B) – textes trilingue Français-Russe-Anglais. 560 pages. 34 x 24 cm. 3,4 Kg

Hors série

ISBN 2-85065-265-2 / 978-2-85065-265-3
 

«Leur temps est maintenant arrivé. La Russie ne peut plus se passer d’eux. Dans cet horrible XXe siècle il appartient aux seules armées vaincues de préserver et de maintenir les valeurs qu’elles ont portées : fidélité au devoir, fidélité à la Patrie et au serment. Idéaux de la Liberté, de l’honneur et de la société civile. La foi. L’intégrité. Le courage. A ceux, dispersés dans le monde, tués et diffamés, que nous disons aujourd’hui : vous avez été réhabilités. Vous avez vaincu.
Sans vous la Russie ne peut plus exister. Et les voilà qui reviennent : monuments du souvenir – à Irkoutsk et Salsk ils sont là avec leurs mémoires et leurs chroniques ; ils ressurgissent des ténèbres de l’oubli… Aujourd’hui, rendons justice à cette génération, à ces appelés de l’Histoire, au charisme du général Drozdovski, à la   noblesse chevaleresque de Wrangel, au courage de Markov, à l’héroïsme de Manstein, à tant d’autres… Nous voyons l’Armée Blanche ressurgir des cendres. Voici ses personnages, voici ceux dont la gloire est maintenant indispensable à la mémoire nationale. Ils étaient tels que nous les voyons dans ce livre.
Qu’ils trouvent la Paix auprès de Dieu, et que soient avec eux notre Amour et notre Espoir !

L’idée de la publication de cet album est née en 1997 quand je fis la connaissance d’Andrei Korliakov, créateur des célèbres livres-albums sur la vie de l’émigration russe. Auparavant, je recherchais des photographies d’officiers russes pour moi, sans y mettre trop d’enthousiasme. Ma collection débuta en 1982 sur l’incitation d’un grand ami de Saint-Pétersbourg, l’historien Paul Constantinovitch Kornakov, qui apprécia mon intérêt et me transmit, tirées de ses archives cachées, une quarantaine de photographies de généraux et d’officiers des armées blanches. Voyant qu’à Paris j’étais le seul à m’y intéresser et qu’en Russie, dans la nouvelle Russie, seules quelques personnes s’intéressaient à la Première Guerre mondiale et à la guerre civile, je n’étais pas pressé de publier les documents accumulés.

Mon propre intérêt pour les « Blancs » est apparu plus tôt. À six ans, je rêvais d’eux. C’est arrivé ainsi. En 1966, mes parents travaillaient dans les steppes kalmoukes à la recherche de pétrole. Dans le village d’Oulan-Khol, on projetait le célèbre film Tchapaiev. La salle était emplie d’enfants, d’adolescents. Les adultes ne regardaient pas cette bêtise. Un groupe de jeunes Kalmouks fit tellement de bruit et tapa si fort des pieds au rythme des tambours des Blancs que la projection fut interrompue (un cas identique est décrit dans les souvenirs de Lydia Nord). Et à la fin du film, quelqu’un cria : « Noyez-le, ce p… de chacal ! » Le lendemain, on jouait aux Cosaques et aux brigands. Avant, dans chacune des bandes, il y avait des Russes et des Kalmouks, mais ce jour-là, nos chers Kalmouks ne voulurent pas se mélanger et rejetèrent tous les enfants russes dans la bande des brigands. C’était un signe. Les enfants kalmouks comprenaient certaines choses mieux que leurs camarades russes du même âge, et ils avaient un secret qui nous était inconnu. Pendant la guerre civile, ce petit peuple s’était levé comme un seul homme contre les « Rouges ». Les Kalmouks disaient : « Nous n’aurons aucun pardon des Rouges, notre gueule est trop contre-révolutionnaire. »

De retour au Caucase dans la colonie allemande Aleksandrovskaia, près de Naltchik, j’ai été élevé par mon inoubliable grand-mère, vieille Cosaque du Terek, Marie Mitrophanovna Sivatchev, née Goriatchev, de Vladicaucase. Ses récits sur la guerre civile et la nouvelle vie étaient atroces, ils me faisaient peur. Avant la maudite révolution, à Vladicaucase et dans le village de Loukovsk vivaient jusqu’à quinze familles de nos parents. De solides familles cosaques. Arriva une catastrophe : une nouvelle guerre, les exécutions, la torture, la famine et la répression. La nouvelle vie coûta cent cercueils à nos proches. Un deuil permanent, que des enterrements, des cris et des pleurs. Six frères, vingt oncles, plusieurs dizaines de cousins et cousines furent tués, sont morts sous la torture, de faim, de maladie. Mon arrière-grand-père Mitrophane Andréievitch Goriatchev, un Cosaque respecté à Vladicaucase, mourut de faim et son corps resta longtemps à se dessécher dans la maison, car il n’y avait personne pour le retirer et l’enterrer. Vers 1933, sur quatorze personnes d’une grande famille, très unie et travailleuse, il ne resta que deux. C’est la tragédie d’une seule famille. Et combien y avait-il de familles comme la nôtre sur le territoire de la Russie ?

Les officiers russes présentés dans cet album étaient les défenseurs des peuples de la Russie. Ils étaient pourchassés et exterminés par leurs propres compatriotes, enivrés par l’idée de construire le paradis sur terre, sans riches ni pauvres, sans chefs ni subordonnés. Les retombées de cette tragédie sont terrifiantes, peut-être même mortelles pour les Russes. En effet, en 2005, comme en 1917, il y avait 125 millions de Russes, alors que, vers 2000, leur nombre aurait pu atteindre un milliard. Quel triste épilogue de tant d’espoirs et de souffrances !

Les combattants russes, les officiers blancs et cosaques vaincus par les bandes rouges, sont sortis vainqueurs moraux de ce combat. Ils ont quitté la Russie dévastée en emportant avec eux l’éternelle lumière de l’espoir, l’espoir d’une lutte qui se poursuivra et l’espoir que le peuple russe malade trouvera en lui la force d’arracher la méduse rouge figée en son cœur et ainsi de sauver la patrie mortifiée.

Que les historiens spécialistes ne se fâchent pas s’ils trouvent dans mon album des photographies qui leur sont connues. En faisant ma sélection, je n’ai pas pris en considération le fait que tel ou tel cliché ait déjà été publié. Je voulais rendre l’image de la cohorte des héros immortels telle que je la vois.

Je tiens à présent à aborder un point essentiel et à dire quelques mots sur mes fidèles amis qui ont contribué à réaliser cet album avec moi. Andreï Korliakov, l’auteur des livres-albums bien connus qui nous ont ouvert une fenêtre sur le passé des émigrés russes. Au cours de ces deux dernières années, il a préparé et imprimé l’ensemble de cet album, de la première à la dernière page, y compris la couverture. Il a restauré des centaines de photographies et fourni plus de cent cinquante documents de sa propre collection. Gérard Gorokhoff, qui collabore à différentes revues d’histoire militaire, a pris le temps de traduire en français et en anglais plus de deux mille légendes de photographie ; le journaliste Anatole Kopeikine ainsi que Mikhaël Novikov ont révisé le texte russe. René Clémenti-Bilinsky et Lenny Borger ont vérifié les textes français et anglais. Tatiana Pruzan a traduit en français l’introduction. Cette introduction, qui nous raconte l’histoire de la lutte des Blancs, a été rédigée par l’historien russe Sergueï Wolkov (de Moscou). Enfin, et non des moindres, le soutien financier fourni sur ses fonds propres par l’historien et critique d’art Alexis Rastorgouev (Moscou).
Je remercie de tout cœur tous ceux qui m’ont aidé à réaliser cet ouvrage.

Ont contribué à cette œuvre :
Grigori Alexinski ‡, Olga Aliantchikoff ‡, Alexis Arsenieff, la princesse Rousoudane Amilakhvari ‡, Nathalie Astrakhoff-Zamtchaloff ‡, la comtesse Marie Apraxine, le père Michel Artzimovitch ‡, Michel Bogaïevski ‡, Michel Grigorovitch-Barsky, Mikhaïl Blinov (Moscou), Grigori Brounst, Michel Beklemicheff, Alexandre Vassiliev, Yasa et Youri Vichnevski, Pierre Voronine, Hélène Gavelle, Irina Gavrilenko, Patrick Gmeline, Tamara Gorbatovsky ‡, Vladimir Hofmann, Marina Grey-Denikine ‡, la mère Maria Gourko, Youri Gourski, Véra Gultzgoff, Pierre Danzas, Wladimir Delaroff, Rostislav Donn, le père Georges Drobot, Lidia Doubiago ‡, Tatiana Douroff, Alexandre Eltchaninoff, Philippe Jacquij, Yves Gentilhomme, la famille Zelensky, le colonel des Cosaques du Terek Nicolas Zimine ‡, Véra Ivanoff ‡, Nicolas Issaieff, Serge Ivanov, la famille Ivangin, le lieutenant des hussards Alexandriiski Michel Kazmine ‡, le sous-lieutenant des Drozdovski Alexis Kapoustianski ‡, Inna Kalinine, Serge Kalinine ‡, Alexandre Kalinine, le lieutenant du régiment de la Garde Grenadierski Alexandre Kondratovitch ‡, Oleg et Alma Kesselman, Michel et Youssouf Kefeli, Rostislav Kolla-Moussine-Pouchkine, Pavel Kornakov (SPb), Giselle Kostomaroff, la famille Ivanoff, le père Sérafim Krasnogolovy ‡, la famille Krjivoblotski, Nicolas Kourloff ‡, André Kourovsky, Georges Kopiloff, la famille Kirsanoff, Lev Lavroff, Gérald de Pradel de Lamaze, Michel Lebedeff, Ivan Levandovsky ‡, Michel Levandovsky, Anastasia Lebedeff, Léonid Lempert, Igor Lopatinsky, Nicolas Lioubimoff ‡, Denis Levieux, Olga Levchine, Nicolas Levchine ‡, Alexandra Lopoukhine, Lioubov Timacheff, le lieutenant de l’artillerie Markov Nicolas Malakhoff ‡, Tatiana Malakhoff ‡, Alexandre Mantacheff, Francis Maratier, Cyrille Mardoukhaeff, le lieutenant des hussards Akhtyrski Georges Martos ‡, Georges Marschalk, Cyrille Makhroff, le père Constantin Moguilevsky, Valentina Moguilevsky, Joseph Molotkoff, Lev Mnoukhine (Moscou), le comte André Moussine-Pouchkine, le comte Wladimir Moussine-Pouchkine, Nathalie Masloff, la marquise Olga de Narp, Alexandre Nicolsky, Nathalie Auberjonois, le prince Serge Obolensky, la famille Odinetz, Nicolas Ossipoff, le père Michel Ossorguine, Xenia Pascalis, Rostislas Pervychine, Alexandre Pogoretzky ‡, le lieutenant des Cosaques de la Garde Boris Polkovnikoff, le sous-lieutenant Constantin Perepelovsky ‡, Paul Primakoff, Alexandre Plotto, Olga Pouchtchine ‡, Anna Prokofieff ‡, Youri Prokofieff, la baronne Nina Rausch de Traubenberg, Hélène Raguimoff, Dimitri Rafalsky, Youri Rodionov ‡, Georges Rosenschild von Paulyn, Pascal de Romanovsky, Pierre Rosniansky, la baronne Olga von der Roop ‡, Elisabeth Roussel-Stephanovitch, André Savine ‡, Svetlana Savine, Gabriel Simonoff, Serge Slioussareff du régiment Drozdovski ‡, Catherine Somoff, le sous-lieutenant de la Garde Semen Starosselsky ‡, Pavel Strelianov (Moscou), Anatole Syssoeff du régiment Kornilov ‡, le baron Alexis Tiesenhausen, Nicolas Tikhmeneff, le prince Alexandre Troubetzkoy, Irina Touroveroff ‡, Marina Tourzevitch, Irina Farkach, Nathalie Fedorovsky, Victor et Tamara Felixoff ‡, Jacques Ferrand, le père André Fortunato, Izmaïl Hagondokoff et André Hagondokoff, la famille Kharkevitch, la famille Kharmaloff, Youri Khomiakov, Alexis Kristoforoff, Vassili Tsvetkov (Moscou), Valéry Ziegler von Schafhausen, la famille Tchertkoff, Hélène Tcherevkoff, Nicolas Tchernetsky, la famille Tchermnykh, le père Pierre Tchesnakoff, Nicolas Tchernilovsky-Sokol ‡, Lavr Chaperon du Larrêt ‡, la comtesse Marina Cheremeteff ‡, Marie Chvabo, André Schvachheim, Marina Chidlovsky, Irina von Schlippe, André Schmemann, Boris Choumsky ‡, Philippe-Alexandre Ellenbogen, Alexandre Ekk, Michel Enden, Wladimir Yagello ‡, le père Wladimir Yagello, le capitaine du régiment Alekseiev Wladimir Yakimtchouk ‡, Nicolas Yanoff, Musée des Cosaques de la Garde (Courbevoie) et, en particulier, Alexandre Bobrikoff, Marina Baratoff-Bobrovsky (USA), la famille Koblik, Yvan Swetchine, la famille Kritch-Albertini, la famille Selezneff, Georges Sommet, Vassili Koussonsky, Nathalie Kolner ‡, Yakov Golembiovski (Belgique), Andreï Borodaevski (Moscou), Lenny Borger, Nicolas Routchenko et Archives particulières.

Vitaly Joumenko

Emigration Russe en photos