« Histoire illustrée des Armées Blanches, 1917-1923 » par Vitaly Joumenko, édité par Andrei Korliakov – HORS SÉRIE – 2019

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« HISTOIRE ILLUSTRÉE DES ARMÉES BLANCHES, 1917-1923 » par Vitaly Joumenko, édité par Andrei Korliakov

édition YMCA-PRESS, 2019, Hors série

700 photos (2 COULEURS) – textes bilingues Français-Russe, 752 pages, 25 x 31 cm. 4 kg
ISBN 978-2-85065-277-6
 

Il y a cent ans, la Russie subissait le désastre ! Au seuil de la victoire sur le militarisme germanique, la Grande Armée russe, le triomphe à portée de main, s’effondra à cause d’un infâme complot de politiciens, ourdi simultanément dans la capitale et au sommet de l’armée – au sein de l’État-major général.
Tous les efforts au front, la mort atroce des victimes et les souffrances de millions de combattants s’avérèrent vains ! En février 1917, l’armée impériale, forte d’une dizaine de millions d’hommes désormais aguerris, attendait l’ordre d’offensive de son augustissime commandant en chef. Après une accalmie de six mois, l’armée au complet, bien entraînée, bien nourrie, équipée de plusieurs millions de projectiles d’artillerie de tous calibres, de milliards de cartouches, n’a pas pu lancer sa « dernière » offensive victorieuse en mars et avril.
L’effort de guerre qui devait définitivement ruiner les moyens de riposte de l’ennemi et mener l’Allemagne et ses alliés à la capitulation totale n’a simplement pas eu lieu. Dans les faits, au printemps 1917, l’Allemagne avait perdu la guerre. Au Quartier général de l’Armée impériale russe, un groupe de généraux « républicains », certain de la victoire imminente, de concert avec le sommet de la Douma, a décidé de priver arbitrairement le commandant en chef de l’armée du tsar de son triomphe sur l’ennemi. Et, par la même occasion, de changer la forme monarchique du commandement par une forme républicaine. Alors se produisit l’irréparable. Du mécanisme du gouvernement le plus complexe du monde, des « mécaniciens » malchanceux avaient supprimé le « détail » le plus important ; à la suite de quoi le plus grand pays du monde perdit les moyens d’une direction digne de ce nom, et l’armée cessa d’obéir. Les politiciens, s’étant constitués en gouvernement provisoire, fardeau au-dessus de leurs forces, attendaient passivement les élections de janvier 1918 censées déterminer la forme définitive à donner au gouvernement de la Russie au moyen du suffrage universel.
Le dernier chef du gouvernement de Russie, un avocat de 36 ans, Alexandre Kerenski, au seuil de la mort, a confié à son secrétaire, Vladimir Tchougouyeff, qu’il ne faisait pas confiance aux militaires ! Il leur attribuait l’intention de renverser le gouvernement et de supprimer les acquis de la Révolution ; il s’attendait donc, en conséquence, que sa vie et celle de sa famille fussent menacées. Il sabotait par tous les moyens l’arrestation des dirigeants bolcheviques, dont Lénine avec qui il sympathisait en tant que révolutionnaire, qui venait de la même ville que lui et qui avait étudié dans le même lycée. De plus, leurs pères avaient été collègues dans le domaine de l’éducation et de l’instruction générales.
Pour sa part, il encourageait délibérément les bolcheviks à agir et à s’emparer du pouvoir, car il était certain qu’ils disparaîtraient de la scène politique après avoir échoué à gouverner et que, par là même, ils apaiseraient le mécontentement général causé par son propre comportement au poste de chef du gouvernement.
Cette passivité et la vue à court terme des politiciens firent long feu quand un groupe de marxistes fanatiques se saisit du pouvoir dans toute la Russie, dès lors transformée en une gigantesque geôle dans laquelle tous ses peuples se trouvèrent emprisonnés et exterminés de façon industrielle. Cette élimination dura un siècle.
Mais le monde russe ne s’est pas rendu sans lutter. Durant plusieurs années, il s’est héroïquement battu pour la Russie grâce aux forces et à la sainte abnégation des corps d’officiers blancs et des Cosaques.
Finalement vaincues par l’ennemi supérieur en force, les Armées blanches ont quitté la Russie, emportant fièrement à l’étranger leurs drapeaux dans l’espoir de reprendre le combat ultérieurement.
Je dois signaler que, au cours des quelques années de composition de ce deuxième album, je n’ai pas réussi à obtenir beaucoup de documents photographiques du front du Nord du général E.K. Miller. J’espère combler cette lacune à temps pour la publication du troisième album, pour lequel j’ai déjà commencé à collecter du matériel.
Les photos du présent album montrent de façon évidente la naissance de la résistance nationale russe à l’internationale communiste. Elles font découvrir à l’observateur de nouvelles images de personnages exceptionnels, héros de l’Armée blanche. Dans ce livre, les légendes sont réduites au minimum, car la priorité a été donnée à la dimension des photos, Andrei Korliakov, auteur de la mise en page, ayant tenu à les rapprocher le plus possible du lecteur. Tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur cet épisode tragique, ayant occupé un temps de notre histoire, pourront se documenter dans la littérature spécialisée.
Maintenant, parlons de ce qui est le plus important et le plus agréable, les personnes qui m’ont aidé et qui ont participé, dans la mesure de leurs possibilités, à la création de cet album.
En premier lieu, je salue très bas mon compère et cher ami Andrei Korliakov, éminent historien et iconographe, dont l’apport monumental dans la description de la vie et des activités de l’émigration russe de tous bords est aujourd’hui reconnu de tous ceux qui s’intéressent à ce sujet. En Europe, en Amérique et en Russie, les historiens étudient ses remarquables travaux sur la vie des Russes en exil. Ses livres leur permettent d’observer les visages de ceux que le destin contraignit à quitter le ciel natal, de reconnaître d’éminentes personnalités des sciences, de la culture et de l’art russes dans toutes leurs manifestations. Comme pour le premier album, Armée blanche. Portraits d’officiers russes, Andrei a réalisé la maquette, a créé le graphisme et a effectué la restauration de toutes les photos ; il a également composé les textes. Au cours de ce travail, il a ajouté de superbes photographies.

Vitaly Joumenko

Emigration Russe en photos